Clarence, suivie à la Clinique Victor Hugo du Mans

Clarence, suivie à la Clinique Victor Hugo du Mans

Bliss vous a été proposé immédiatement par l’équipe médicale ?Bonjour Clarence, merci de nous parler de votre expérience avec Bliss. Pouvez-vous nous expliquer dans quel cadre vous l’avez utilisé ?

Je suis suivie à la Clinique Victor Hugo du Mans pour un cancer de la moelle osseuse. C’est une maladie dont les traitements ne peuvent pas me guérir, mais limiter les effets et la progression.

Au-delà des traitements classiques, à base d’aspirine en continu et d’autres molécules combinées, dont de l’Interféron, j’ai suivi 3 mois de chimiothérapie, mais non seulement les effets secondaires ont été violents, mais mon hématologue a laissé entendre que les résultats n’étaient pas au rendez-vous. La maladie avait l’air de gagner du terrain. Ce fût comme un coup de massue, un choc. Il fallait faire une biopsie pour confirmer ce diagnostic et mettre en place un autre traitement. J’ai beau travailler moi aussi dans un hôpital, ça m’a atteint le moral.

Bliss vous a été proposé immédiatement par l’équipe médicale ?

C’était une alternative à des techniques plus classiques. J’avais déjà fait une biopsie sous morphine, mais voyez-vous, je suis maman, seule, j’ai besoin de m’occuper de mes enfants et je n’avais pas envie d’être « shootée » comme je l’avais été.  Il y avait aussi le gaz hilarant, le Kalinox, mais franchement, j’ai vu les effets sur des gens et la plupart étaient bizarres, ils ricanaient bêtement, étaient déconnectés. Et moi voyez-vous, j’étais en situation d’échec thérapeutique, et je n’avais pas, mais alors pas du tout envie de ricaner, même bêtement. Je n’étais pas d’accord avec ça. L’équipe m’a alors dit qu’il y avait cette nouvelle alternative, sous forme de jeu en réalité virtuelle, avec un casque. Ils m’ont décrit les balades que je pouvais faire, m’ont parlé des univers féériques et poétiques, m’ont expliqué l’effet relaxant, apaisant…. J’ai 53 ans mais je reste curieuse, et qui plus est, je suis sensible à ces choses imaginaires, extraordinaires. Alors j’ai dit oui.

Et puis j’ai dit oui aussi car ils m’ont bien dit que je serais là, que je vivrai mon acte, mais sans ou très peu de douleur. Ca me semblait correspondre à la fois à cette envie que j’avais d’être en conscience. J’étais en échec, je voulais contrôler, vivre cet acte qui déterminerait la suite de mon combat. C’est vraiment ce que j’ai pu expérimenter.

Pouvez-vous partager votre ressenti ?

C’est assez difficile à décrire : j’étais là et pas là. Mais je n’avais pas mal. Par ailleurs, j’utilise encore les bienfaits de Bliss dans mon quotidien. C’est dingue à dire, mais grâce à Bliss, je me suis créé un moment de réconfort, une expérience qui compte dans ma vie aujourd’hui et dans mon combat.

Quand les infirmières ont lancé le programme, enfin, la balade, le temps de m’allonger et j’étais déjà partie. Je me suis vraiment sentie partir dans cette prairie extraordinaire, et pourtant j’étais là. Je pouvais ressentir la présence de l’équipe médicale, entendre les voix, les bruits, mais en même temps j’étais dans cette prairie, j’explorais, je croisais les moutons, je contemplais les arbres… J’étais littéralement ailleurs. J’étais ailleurs mais au milieu de ce qui se passait. C’est assez difficile à décrire, mais comment dire, je n’étais pas isolée dans un caisson. Je vivais mon acte, mais depuis ma prairie et sans angoisse. En cas de douleur, de nécessité, je savais que l’équipe était à mes côtés. C’était reposant, tranquillisant.

J’étais là et ailleurs, oui c’est ça. A tel point (elle éclate de rire) que pendant ma balade, j’ai croisé un troupeau de petits moutons dans ma prairie. Ils étaient si réels, c’était incroyable, vraiment ! Je me suis mise à interagir avec eux, ça m’a fait du bien, j’ai même bêlé avec eux, ça a fait rire l’équipe ! Je crois qu’ils étaient heureux de voir que je prenais un moment de joie, de plaisir, alors qu’ils me plantaient leur tire-bouchon dans le corps. Je pouvais les entendre eux-aussi. J’étais très entourée à l’extérieur, à l’intérieur.

Et côté sensations physiques, comment l’avez-vous vécu ?

Franchement, au moment de l’aspiration, j’ai ressenti quelque chose, mais au moment de faire le point après l’acte avec l’hématologue, j’ai évalué l’acte à zéro sur une échelle de douleur à 10. Au moment de l’aspiration, pendant la biopsie, j’ai effectivement ressenti quelque chose mais vraiment, je l’ai mis à 1 sur l’échelle. Pour vous donner un ordre d’idée, je pense que c’était largement moins douloureux pour moi qu’une extraction dentaire !  J’ai été surprise d’ailleurs, pour un tel acte, de ressentir si peu de douleur.

Seriez-vous partante pour être aidée par Bliss encore à l’avenir ?

Mais totalement ? D’ailleurs, j’ai envie de vous dire que pour moi, Bliss ne m’a pas seulement évité la souffrance physique. Cette expérience m’a apporté une sorte de doudou, une sorte de béquille sur laquelle je m’appuie encore dans les moments difficiles de mon combat. On a besoin de se sentir vivant dans ce combat. Vous savez, j’ai une amie qui est partie aujourd’hui, mais je me rappelle qu’elle avait un jour pris une décision que certains trouveront étrange, comme un acte de vie contre la maladie : elle est partie au bord de la mer et elle s’est mise à courir, à courir, à courir de toutes ses forces, à se lâcher totalement, à vivre un moment de pure intensité. On a besoin de ça, de ce genre de moment où plus rien ne compte, où on arrive à « lâcher le truc » ! On se prend une émotion positive, on se créée un moment à soi, un moment puissant, un beau souvenir. Moi, cette balade Bliss, ça m’a apporté ça : cette parenthèse, ces émotions, ce beau souvenir. Je me remémore souvent  ces moutons, la licorne que j’ai croisé dans cette prairie virtuelle et que j’ai lié à ma fille, ce moment féérique. J’ai gardé en tête cette jolie balade et je m’en souviens dès que j’ai besoin de m’affirmer vivante, de contrer ma maladie. Tout ça pour dire que Bliss, pour moi, ça dépasse carrément l’acte médical. OK j’ai évité la douleur, je n’ai rien senti sur l’instant. Mais c’est un sacré coup de main à l’âme aussi. Et dans la lutte contre la maladie, le physique comme l’émotion sont précieux.